L’observation du trait de côte

 

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Qu’est-ce qu’un observatoire du littoral ?
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Un observatoire du littoral est une structure qui acquiert de façon régulière des données relatives au trait de côte ou à la frange côtière, de manière plus ou moins fréquente, et sur une zone plus ou moins étendue, avec pour objectif principal d’analyser et d’informer sur les évolutions de ce dernier et les environnements littoraux où il se situe.
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Quelles sont ses missions ?
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Un observatoire du littoral se place dans une démarche d’observation à long-terme visant l’acquisition de données fiables et régulières sur l’évolution du trait de côte, de capitalisation de ces informations, et de leur mise à disposition auprès d’un large public.
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Pourquoi suivre l’évolution du trait de côte ?
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Il est nécessaire de mieux appréhender le fonctionnement des milieux littoraux avant d’agir. Pour cela, un suivi du trait de côte à long terme (ou pérenne) est indispensable afin d’observer les variations à diverses échelles de temps et d’espace. Le rôle central des observatoires est dès lors évident. Le réseau national d’observation de l’évolution du trait de côte vient compléter leur action et apporter une plus grande cohérence au niveau national.
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De nombreuses initiatives d’observation à différentes échelles de territoire
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De nombreuses structures locales existent pour collecter des informations sur l’évolution morphologique côtière des territoires. Un inventaire mené en 2010 par le BRGM a montré l’existence de nombreux suivis du trait de côte dont les spécificités varient énormément suivant les types d’observation réalisée et les façades maritimes. Des entretiens avec les responsables de ces observatoires ont permis de préciser leurs finalités, leurs modes de fonctionnement (types et fréquences d’acquisition, analyses et valorisation des données, etc.), leurs sources de financement, et leurs liens avec les organismes et/ou les collectivités.
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Cet inventaire national a permis d’identifier 52 dispositifs de suivi du trait de côte, allant de la collecte ponctuelle à une structure pérenne, identifiée, capable de programmer sur plusieurs années son suivi et mettant en place des protocoles de collecte de données. Ces structures, et particulièrement celles qui couvrent un large territoire, apparaissent comme les plus à même de capitaliser sur plusieurs années les données nécessaires à une bonne compréhension des phénomènes côtiers.
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D’autres démarches ont été lancées depuis 2010 et ont permis la constitution de nouveaux observatoires en métropole comme sur les territoires ultramarins.
Par exemple, depuis 2014, DYNALIT, un Service National d’Observation (SNO) labellisé par le CNRS INSU (Institut National des Sciences de l’Univers) axé sur l’étude de la dynamique du littoral et du trait de côte fédère le long des façades maritimes françaises de métropole et d’outre-mer la communauté scientifique autour des questions d’acquisition, de collecte et de mise en cohérence de données métrologiques de qualité de 30 sites ateliers situés sur différentes types de côtes (côtes sableuses, falaises, embouchures). Les membres du SNO s’appuient sur ces données pour développer des modèles permettant de diagnostiquer et à terme prévoir les évolution littorales.
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Au côté des observatoires, des « systèmes d’information sur le littoral » ont également été mis en place et donnent accès à des documents d’analyse et de synthèse, des diagnostics et des indicateurs sur l’évolution du littoral, sous forme de tableaux, de diagrammes ou de cartes, accessibles aux non-spécialistes (par exemple : l’Observatoire national de la mer et du littoral et le site Géolittoral).
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Sources : Cerema, Brgm
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Méthodes et outils de suivi du trait de côte
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Il existe de nombreuses techniques pour appréhender l’évolution de la position du trait de côte, telles que le GPS ou l’interprétation de photographies aériennes. Une synthèse est proposée ici. Elle n’est pas exhaustive mais donne un bon aperçu des outils les plus couramment employés par les observatoires pour suivre l’évolution du trait de côte.
Les méthodes utilisées ainsi que la fréquence des levés varient notamment en fonction des caractéristiques du site (accessibilité, long linéaire de côte par opposition à des plages isolées par exemple…) et de l’état du littoral (évolution rapide ou au contraire côte relativement stable). Plus l’évolution est prononcée et rapide, plus un suivi régulier et fréquent s’impose. Le type d’appareil utilisé dans le suivi de l’évolution du trait de côte est également parfois contraint par la localisation géographique et la morphologie du site d’étude. Enfin, les données récoltées sur le terrain doivent être vérifiées, validées puis analysées, notamment par comparaison avec des données antérieures afin d’estimer des taux d’évolution.
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Sources : Brgm et CNRS
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Adaptation des territoires et résilience des littoraux
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En France métropolitaine comme dans beaucoup d’endroits le monde, il existe une forte proportion de littoraux artificialisés dans un objectif de défense contre l’érosion ou la submersion. Renforcer ces défenses, envisager et développer des alternatives et des adaptations est extrêmement complexe et dépend à la fois du type de littoral concerné et des enjeux à protéger. Ces décisions doivent être réalisées en concertation avec les différents acteurs et les citoyens, dans un contexte de finances publiques restreintes et parfois de vide juridique. Globalement, il n’existe pas de solutions d’adaptation génériques. Certains littoraux abritant des enjeux forts devront voir leurs ouvrages de défense renforcés, au moins de façon transitoire. A contrario, sanctuariser des zones à faibles enjeux économiques afin de les laisser en libre évolution peut présenter de nombreux avantages, par exemple :

  • un coût moindre pour les défenses de côte ;
  • un renforcement du rôle naturel de protection face à l’érosion telle que l’alimentation des plages par les sédiments issus de l’érosion des falaises rocheuses ;
  • un accroissement des zones de nurseries pour les poissons et coquillages et des zones d’habitats pour les oiseaux migrateurs ; épuration naturelle des eaux ;
  • des zones d’expansion des eaux en cas de surcotes limitant l’élévation du niveau marin et protégeant les zones à plus forts enjeux.

Suivre ces sites permettra de mieux comprendre la résilience naturelle de ces systèmes au Changement Climatique et éventuellement d’intervenir si de nouveaux enjeux sont menacés. Pour ce faire, la remise en libre évolution « surveillée » de certains littoraux par le Conservatoire du Littoral (dépoldérisations - programme Adapt’o) ou l’Office National des Forêts (réseau des sites dunaires en libre évolution) offriront des laboratoires naturels idéaux.

Sources : CNRS et BRGM

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Quelques exemples de techniques d’observation et de gestion du trait de côte
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Pour en savoir plus :

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Bulteau T., Garcin M., avec la participation de Oliveros C., Lenôtre N. (2011) – Synthèse des travaux menés sur l’observation de l’évolution du trait de côte. Rapport BRGM/RP-59396-FR, 156 p., 27 fig., 4 tab., 1 ann. Téléchargeable ici en pdf.
Mallet C., Michot A., avec la collaboration de De La Torre Y., Lafon V., Robin M. et B. Prevoteaux (2012) – Synthèse de référence des techniques de suivi du trait de côte – Rapport BRGM/RP-60616-FR, 162 p., 100 fig., 7 ann Téléchargeable ici en pdf.
Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie (2016) – Développer la connaissance et l’observation du trait de côte – Contribution nationale pour une gestion intégrée, 24 p. Téléchargeable ici en pdf.